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     ÉGLISE SAINT PHILBERT DE NIEUL

crédit photo: EDN

Comme toutes les églises de la banlieue de La Rochelle, Saint-Philibert de Nieul eut terriblement à souffrir des guerres de Religion qui ne laissèrent debout que son clocher et sa façade occidentale. L'église, en partie ruinée en 1641, n'est toujours « ni voûtée, ni lambrissée ›› un siècle plus tard. Au XIXe siècle, on éprouva le besoin de l'agrandir. Le bras sud du transept fut élevé symétriquement au bras nord. Deux chapelles pourvues de tribunes furent construites à l'ouest des croisillons. En 1858, Massiou fit refaire les colonnes doriques et les arceaux établis entre la nef et le choeur.
Il en résulte un édifice disparate, sans style défini, dont il y aurait bien peu à dire s'il n’avait conservé quelques bons éléments de la fin du Moyen Age. La large façade limitée par deux contreforts d'angle est percée d'un portail du début du XVe siècle. Ses deux voussures toriques séparées par de profondes gorges sont réunies aux colonnettes des piédroits par des chapiteaux devenus illisibles. Le clocher de plan à peu près carré ouvrait sur les nefs par ses faces sud et est. Vers le sud, l'arcade de communication possède des chapiteaux réduits à de fins bandeaux de feuillage. Cette partie est couverte d’une croisée d'ogives a liernes très endommagée. Des arrachements de voûte en pénétration, visibles sur la face orientale, témoignent en faveur d'un édifice complexe à plusieurs nefs. La salle de l'étage de ce clocher est presque aveugle, n'étant éclairée que par une petite baie au sud. Jamais voûtée, elle porte une terrasse où est établie l`actuelle arcade à cloche. Au total, cette sévère construction, presque sans fenêtre, ne semble avoir été que fort accessoirement destinée à recevoir des cloches, si ce n'est, comme à Marsilly et Thairé, dans d'éventuelles superstructures disparues ou jamais achevées. Son rôle militaire s'affirme au contraire.

Le prieuré dépendait de Saint-Michel-en-l'Herm.

Mobilier : Pourvue en 1752 de deux autels collatéraux dédiés au Rosaire et à saint Michel, l'ég1ise possède de nos jours quelques bonnes toiles insérées dans des boiseries : une Nativité, une Adoration des mages et un Christ sortant du tombeau. La chaire du XVIIIe siècle a malheureusement perdu son abat-voix. On peut voir sous le clocher la tombe de René Josué Valin, célèbre jurisconsulte décédé en 1765 à Nieul, dans sa demeure de La Bourelle.